La DSI, une fonction devenue centrale dans la vie de l’entreprise
En 2026, la Direction des Systèmes d’Information n’est plus un simple support technique. Elle structure le fonctionnement quotidien de l’entreprise, conditionne sa capacité à produire, à vendre, à collaborer, à sécuriser ses données et à respecter ses obligations réglementaires. La DSI, qu’elle soit internalisée ou externalisée, pilote l’ensemble des outils numériques, mais aussi les choix technologiques, les priorités projets, les prestataires et la sécurité du système d’information.
Cette évolution profonde explique pourquoi la question de l’organisation de la DSI interne, externalisée ou hybride revient de plus en plus souvent dans les échanges entre directions générales, directions financières et responsables IT. Non pas parce qu’un modèle serait intrinsèquement meilleur qu’un autre, mais parce que les exigences actuelles rendent certains modèles plus adaptés que d’autres selon le contexte de l’entreprise.
DSI externalisée : de quoi parle-t-on réellement ?
Le terme de “DSI externalisée” est souvent mal compris. Il ne désigne pas uniquement le fait de confier le support informatique à un prestataire. Une DSI, qu’elle soit interne ou externalisée, assume des responsabilités de gouvernance, de stratégie et de sécurité. Externaliser signifie donc confier à un partenaire tout ou partie de ces missions, dans un cadre contractuel défini, avec des rôles clairs et des objectifs partagés.
Dans la pratique, les modèles sont rarement “tout ou rien”. Certaines organisations conservent une DSI interne forte tout en s’appuyant sur des partenaires pour l’exploitation, la cybersécurité ou les projets structurants. D’autres font appel à une DSI à temps partagé pour bénéficier d’une vision stratégique sans disposer d’un DSI à plein temps. Dans tous les cas, la responsabilité finale du système d’information reste celle de l’entreprise.
L’ANSSI le rappelle régulièrement : externaliser une fonction IT ne transfère jamais la responsabilité des risques. Cela impose au contraire une maîtrise renforcée de la gouvernance, des accès, des prestataires et des processus de sécurité.
Pourquoi la question se pose plus fortement aujourd’hui
Si le sujet de la DSI externalisée prend autant d’ampleur en 2026, c’est avant tout parce que le système d’information est devenu plus complexe à piloter. La généralisation du cloud, des outils SaaS, du télétravail et des interconnexions avec des partenaires a transformé le SI en un écosystème distribué. Cette complexité nécessite des compétences variées, une veille permanente et une capacité d’arbitrage rapide.
À cela s’ajoute une pression réglementaire croissante. La directive NIS 2, suivie de près par l’ENISA, impose aux organisations concernées de démontrer une gestion structurée des risques cyber, une gouvernance claire et un contrôle accru de leur chaîne de sous-traitance. Ces exigences ne dictent pas un modèle d’organisation précis, mais elles rendent indispensable une fonction DSI capable de piloter, documenter et prouver.
Enfin, le marché de l’emploi IT reste tendu. Les études récentes sur les compétences en cybersécurité montrent que le déficit de profils qualifiés persiste, en particulier sur les sujets de sécurité, d’architecture et de gouvernance. Cela pousse certaines entreprises à compléter leurs équipes internes par des expertises externes, non par choix idéologique, mais par pragmatisme.
La vraie question : pertinence contextuelle plutôt que modèle idéal
Parler de DSI externalisée n’a de sens que si l’on raisonne en fonction du contexte. Une entreprise en forte croissance, une structure multi-sites, une organisation soumise à des exigences réglementaires renforcées ou une PME dont l’IT repose sur une ou deux personnes exposées peut trouver un réel intérêt à s’appuyer sur un partenaire structurant. À l’inverse, une organisation dotée d’une DSI interne mature, stable et bien dimensionnée n’a aucune raison de remettre en cause son modèle.
Ce qui fait la pertinence d’une DSI externalisée, ce n’est donc pas l’externalisation en elle-même, mais la capacité à apporter ce qui manque : visibilité, méthode, expertise, capacité d’anticipation ou continuité opérationnelle. Dans certains cas, l’externalisation permet de sécuriser l’existant et de structurer la gouvernance. Dans d’autres, elle vient simplement renforcer un DSI interne déjà en place.
Gouvernance et pilotage : le facteur décisif
Les retours d’expérience convergent sur un point : les difficultés liées à l’externalisation de la DSI ne proviennent pas du modèle, mais de son absence de pilotage. Sans gouvernance claire, sans indicateurs partagés, sans rôles définis et sans capacité de décision côté entreprise, l’externalisation devient un angle mort plutôt qu’un levier.
C’est précisément pour cette raison que les autorités de référence, dont l’ANSSI, insistent sur la formalisation des responsabilités, la maîtrise des accès, la traçabilité des actions et la réversibilité des prestations. Une DSI externalisée pertinente est une DSI pilotée, mesurée et intégrée aux décisions de l’entreprise.
L’approche Synexie : accompagner sans imposer un modèle
Chez Synexie, la question n’est pas de promouvoir un modèle unique, mais d’accompagner les organisations dans la structuration de leur système d’information, quel que soit le niveau d’internalisation choisi. Certaines entreprises ont besoin d’un appui fort sur la gouvernance et la cybersécurité. D’autres recherchent avant tout de la continuité, de la supervision ou un cadre méthodologique pour leurs projets.
Dans tous les cas, l’objectif reste le même : permettre à la DSI interne, externalisée ou hybride de jouer pleinement son rôle au service du business, de la sécurité et de la pérennité de l’entreprise.
Conclusion
La DSI externalisée n’est ni une solution universelle, ni un choix par défaut. Elle devient pertinente lorsqu’elle répond à un besoin réel, clairement identifié, et qu’elle s’inscrit dans une gouvernance maîtrisée. En 2026, la question n’est donc pas “faut-il externaliser sa DSI ?”, mais plutôt “comment organiser sa fonction DSI pour qu’elle soit à la hauteur des enjeux actuels”.
C’est cette réflexion, lucide et contextualisée, qui permet de faire de la DSI non pas un centre de contraintes, mais un véritable levier de performance et de confiance.
En savoir plus
ANSSI – Externalisation et sécurité des systèmes d’information :
https://www.cyber.gouv.fr/publications/externalisation-et-securite-des-systemes-dinformation
ANSSI – Maîtriser les risques de l’infogérance (guide) :
https://www.cyber.gouv.fr/publications/maitriser-les-risques-de-linfogerance
ENISA – NIS2 Technical Implementation Guidance (juin 2025) :
https://www.enisa.europa.eu/publications/nis2-technical-implementation-guidance
ENISA – Threat Landscape 2025 :
https://www.enisa.europa.eu/publications/enisa-threat-landscape-2025
ISC2 – 2025 Cybersecurity Workforce Study :
https://www.isc2.org/Insights/2025/12/2025-ISC2-Cybersecurity-Workforce-Study