Synexie 2026

Cybersécurité 2026 : anticiper les nouvelles menaces

Une cybermenace qui change de nature en 2026

En 2026, la cybermenace n’évolue plus “petit à petit” : elle change de nature. Pendant longtemps, on imaginait l’attaque comme un choc frontal contre un pare-feu ou un serveur, facilement identifiable par un comportement anormal ou une panne brutale. Aujourd’hui, beaucoup d’intrusions ressemblent davantage à une action parfaitement “normale” dans le système d’information : un compte qui se connecte, une règle qui s’applique, une pièce jointe qui s’ouvre, un virement qui part. À une différence près : tout est piloté par un acteur malveillant.

Le danger ne réside donc plus uniquement dans la sophistication technique des attaques, mais dans leur capacité à se fondre dans les usages quotidiens des entreprises. Les cybercriminels industrialisent leurs opérations, automatisent leurs scénarios et transforment des éléments historiquement basés sur la confiance l’identité numérique, la voix, les habitudes de travail ou les outils cloud en véritables surfaces d’attaque.

Une économie de l’attaque de plus en plus rentable et structurée

Les signaux récents convergent tous vers la même réalité : la cybercriminalité est devenue une économie à part entière, rentable, organisée et durable. Dans son Threat Landscape 2025, l’ENISA (Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité) analyse 4 875 incidents recensés entre juillet 2024 et juin 2025. Le rapport décrit un environnement où cybercriminalité, hacktivisme et opérations alignées à des États deviennent de plus en plus difficiles à distinguer, tant les techniques, outils et infrastructures sont désormais mutualisés.

Cette industrialisation se reflète également dans l’ampleur financière des attaques. Le Internet Crime Report du FBI, publié en avril 2025, fait état de pertes supérieures à 16 milliards de dollars sur l’année 2024, en forte hausse par rapport à l’année précédente. Derrière ces chiffres, une réalité simple : les attaquants investissent là où le retour sur investissement est le plus élevé, c’est-à-dire dans les attaques qui exploitent les comportements humains et détournent les mécanismes de confiance.

L’économie du compte légitime : quand l’attaquant ne force plus la porte

Le premier grand basculement qui pèse sur 2026 est celui de l’économie du compte légitime. Plutôt que de contourner les défenses techniques, les attaquants cherchent désormais à récupérer les clés d’accès. Le X-Force Threat Intelligence Index 2025 d’IBM décrit très clairement cette dérive : l’abus de comptes valides est devenu l’un des principaux points d’entrée des attaques modernes.

On observe notamment une explosion des campagnes de phishing diffusant des infostealers, des logiciels malveillants conçus pour voler des mots de passe enregistrés, des cookies de session, des jetons d’authentification ou encore des secrets liés à des outils cloud. Le rapport fait état d’une augmentation de 84 % sur certaines périodes. Une fois ces informations récupérées, l’attaquant peut se connecter comme un utilisateur légitime, ce qui rend la détection plus complexe.

L’intelligence artificielle comme accélérateur de crédibilité

L’intelligence artificielle joue un rôle central dans l’évolution des menaces. En 2026, elle permet de créer des scénarios d’attaque complets : faux fournisseurs, fausses identités professionnelles, échanges crédibles, relances automatisées et adaptation linguistique. Europol alerte sur le fait que l’IA renforce la capacité des groupes criminels à industrialiser les attaques, les rendant plus difficiles à détecter.

La fraude financière, un risque cyber à part entière

Le Data Breach Investigations Report 2025 de Verizon rappelle l’ampleur des attaques de type Business Email Compromise. Selon le rapport, plus de 6,3 milliards de dollars ont été détournés en 2024 via ces escroqueries. En 2026, le risque ne se limite donc pas aux ransomwares, mais inclut également des fraudes financières sophistiquées, souvent indétectables par les outils traditionnels.

Concentration numérique et effet domino

La dépendance croissante aux outils cloud et aux suites collaboratives concentre les risques. Une compromission ciblée peut rapidement devenir transversale, affectant plusieurs services et partenaires. L’entreprise moderne fonctionne désormais comme un écosystème interconnecté, ce qui élargit mécaniquement la surface d’attaque.

Se protéger en 2026 : des fondamentaux opérationnels

Face à ce paysage, la cybersécurité ne peut plus se limiter à l’ajout d’outils. Elle repose sur la sécurisation de l’identité, la préparation aux fraudes et la capacité de détection et de réaction rapide. Les organisations les plus résilientes sont celles qui savent détecter tôt, contenir efficacement et restaurer leurs activités.

Le rôle de Synexie

Synexie accompagne les organisations dans la construction d’une cybersécurité orientée résilience. L’objectif est de transformer la cybersécurité en levier de confiance, de continuité et de performance durable.

En savoir plus

ENISA – Threat Landscape 2025 : https://www.enisa.europa.eu/publications/enisa-threat-landscape-2025

FBI / IC3 – Internet Crime Report 2024 (publié avril 2025) https://www.ic3.gov/Media/PDF/AnnualReport/2024_IC3Report.pdf

IBM – X-Force Threat Intelligence Index 2025 : https://www.ibm.com/reports/threat-intelligence

Europol – Serious and Organised Crime Threat Assessment (SOCTA) & communications sur l’usage de l’IA par la criminalité organisée : https://www.europol.europa.eu/socta

Verizon – Data Breach Investigations Report 2025 (DBIR) https://www.verizon.com/business/resources/reports/dbir/

Commission européenne – Directive NIS 2 & stratégie numérique européenne : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/nis2-directive